France Dimanche

© France Dimanche/ VAP/ Sosie de Dalida
par Chloé Belleret

Pour info, le 17 janvier 2013 = 80 ans de la naissance de Dalida

« Dalida s’est emparée de moi»
Samantha Bennis, Vacquières (Hérault)
Tour à tour patineuse, danseuse puis chanteuse, Samantha Bennis est un jour devenue Dalida, malgré elle. Sa voix, sa silhouette et sa ressemblance avec la célèbre interprète de « Bambino » ne lui ont guère laissé le choix. En se produisant sur scène dans son « Dalida Show », Samantha a su finalement en tirer parti. Aujourd’hui, elle ne croit plus au hasard….

« Croyez le ou non, au début je n’étais pas fan de Dalida… Mon idole, c’était plutôt Liza Minnelli. Mais tout a basculé en 2007 alors que je chantais « Besame Mucho ». Quelqu’un s’est approché et m’a félicité pour mon imitation de DALIDA ! Sur le coup, j’ai été extrêmement vexée car ce n’était pas du tout le but recherché ! Je chantais, un point c’est tout ! Mais à force d’être dévisagée dans la rue ou au supermarché par des gens parfois interloqués, j’ai fini par prendre conscience de ma ressemblance avec elle : grande, les cheveux ondulés, des traits similaires, une tonalité identique… De quoi en surprendre plus d’un ! J’ai toujours été une artiste : j’ai patiné pour Holiday-on-Ice, dansé pour le Lido et le Moulin Rouge, participé à des comédies musicales. Or un jour, j’ai compris que cette ressemblance me fermait de plus en plus la porte des castings. Alors j’ai eu l’idée de monter mon propre spectacle, le « Dalida Show », en hommage à cette grande chanteuse. Sur scène, ce n’est pas moi, Samantha, qui reprend les chansons de la star internationale mais bien Yolanda (ndlr : son vrai prénom), qui interprète, reprend vie à travers moi. C’est de l’illusionnisme, je suis une sorte d’hologramme vivant ! Même physique, même voix qu’en studio, même gestuelle… D’ailleurs je vois bien le trouble de certaines personnes dans la salle. Un jour, quelqu’un m’a attrapé le bras en me disant, bouleversé : « Je pensais que vous étiez morte ! ». Une fois, j’ai même eu un peu peur alors que je me produisais dans un night-club : les gens allaient jusqu’à me tirer les cheveux pour vérifier que tout était bien naturel ! Incarner un tel mythe est un immense honneur mais aussi un sacré challenge ! Je l’impression d’être Le Louvre à moi toute seule car Dalida fait partie du patrimoine culturel ! Elle représente le glamour, l’élégance… C’est la Callas de la chanson populaire ! Les gens l’aiment, pleurent, reprennent ses chansons en cœur. Je n’ai pas le droit de les décevoir… D’autant, que je suis moi-même devenue une fan absolue. Et même si je me produis le plus souvent dans des petites salles ou des campings, je me dis que même Steven Spielberg n’aurait pas pu m’offrir de plus beau rôle !
Liées à jamais
Yolanda me touche énormément. Si talentueuse et pourtant si torturée… Comme elle, je n’ai pas souvent posé mes valises… Née au Pérou d’une mère péruvienne et d’un père autrichien, j’ai grandit en Suisse avant d’être en perpétuelles tournées… A 14 ans, je parlais déjà quatre langues ! Puis au fil des années, j’ai appris l’anglais et grâce à mon mari, le néerlandais. C’est donc pour moi très facile de chanter comme Dalida, en plusieurs langues. Et même si, contrairement à elle je mène une vie très heureuse, je ressens ce qu’elle a pu ressentir lorsque j’interprète. D’ailleurs, chaque année en mai - date anniversaire de sa mort-, je suis affectée, différente, je parle peu… C’est inconscient mais c’est comme ça ! Dès que je suis de passage à Paris, je me rends sur sa tombe, au cimetière de Montmartre. Et devinez quoi ? A chaque fois, on me demande de poser à côté de sa statue… ça ne loupe pas ! Avec du recul, je crois qu’il n’y a pas de hasard. Parfois je m’amuse à penser qu’elle me parle dans mes rêves, qu’elle m’habite, que je lui prête par moment mon corps… J’ai pourtant beaucoup de distance : hors de scène, je redeviens Samantha. Je ne cherche pas à cultiver la ressemblance au quotidien. Mais elle me rattrape inévitablement ! »
Son site internet : http://www.samantha-bennis.book.fr/